Le net art au musée
Les œuvres d’art numérique sont particulièrement sensibles au passage du temps. Elles sont composées de plusieurs couches matérielles et logicielles qui relèvent de différentes temporalités d’obsolescence (programmes, matériels de lecture, modes d’accès aux données…).
Dans le cadre du projet de recherche intereuropéen Digital art conservation et pour l’Espace Multimédia Gantner, j’ai réalisé les études de cas de deux œuvres, OSS/•••• du duo d’artistes Jodi et still living d’Antoine Schmitt. Bien qu’elles aient été toutes les deux programmées avec le même logiciel (Adobe Director, un logiciel très populaire dans la création numérique dans les années 1990 et 2000 qui est maintenant quasiment abandonné), leurs concepts de conservation sont différents, du fait de leurs modes distincts de mise à disposition au public.
Elles font donc appel à différentes stratégies de conservation, ainsi que de monstration, l’accessibilité étant intrinsèquement liée à leur préservation.
Anne Laforet est chercheuse, enseignante et critique. Elle est docteur en sciences de l’information et de la communication. Sa thèse, intitulée « Le net art au musée. Stratégies de conservation des oeuvres en ligne » (éditions Questions théoriques) a été publiée en 2011. Depuis 2011, elle enseigne à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg (ESADS, Haute école des arts du Rhin) et fait partie du laboratoire art audio Locus Sonus. De 2010 à 2012, elle prend part au projet européen Digital Art Conservation à l’Espace multimédia Gantner et à l’ESADS. Elle écrit sur l’art numérique pour la revue en ligne Poptronics.fr.
Répliques art-science : mercredi 12 juin
